ARCHIVÉE - Bâtir pour la prospérité : les infrastructures publiques au Canada - Bâtir une nation

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Bâtir une nation

Le canyon Kicking Horse, Golden, Colombie-Britannique
(photo de la province de Colombie-Britannique)

Les infrastructures sont partout et touchent la vie de tous. De l'eau que nous buvons aux routes sur lesquelles nous circulons, les infrastructures publiques du Canada forment le canevas de notre nation. Notre qualité de vie, la prospérité de nos collectivités et la résilience de notre économie dépendent de nos réseaux d'infrastructure publique, et notre capacité à demeurer concurrentiel à l'échelle mondiale dépend de la qualité de ces réseaux.

Depuis la Confédération, le gouvernement fédéral soutient les infrastructures publiques du Canada en investissant dans les chemins de fer, le télégraphe, la Voie maritime du Saint-Laurent, les ports, les aéroports, les autoroutes, les services à large bande et d'autres infrastructures, comme celles requises pour la défense nationale ou pour soutenir les institutions culturelles nationales. Des colonies isolées du Nouveau Monde au pays moderne et dynamique d'aujourd'hui, notre histoire est gravée dans les infrastructures publiques présentes partout sur notre vaste territoire.

Les années 1800 : bâtir pour la Confédération

Construction du chemin de fer transcontinental, 1909, nord de l'Ontario

Construction du chemin de fer transcontinental, 1909, nord de l'Ontario,
(photo de Stewart M. Ogilvy, Bibliothèque et Archives Canada,
PA-103450).

Durant les années 1800, les investissements dans les infrastructures publiques étaient axés sur les canaux et les chemins de fer. D'importants travaux publics, exigeants en main-d'œuvre et réalisés d'un océan à l'autre, ont permis d'unir une population dispersée et de donner naissance à une nation. Le canal de Lachine, achevé en 1825, qui permet de contourner les dangereux rapides du Saint-Laurent, a crée un lien de transport essentiel à la réussite et au développement économique de Montréal. Le canal Rideau, construit à l'origine pour son importance stratégique, s'étend sur plus de 200 kilomètres, d'Ottawa à Kingston. L'achèvement de cette voie navigable intérieure a permis de faire d'Ottawa, une petite ville de bûcherons, la capitale de notre nation. Le canal Rideau, inauguré en 1832, est maintenant un site du patrimoine mondial reconnu par l'UNESCO.

Au 19e siècle, les travaux d'immobilisation les plus symboliques au Canada sont associés à la construction des chemins de fer. Une promesse de la Confédération, les engagements relatifs aux chemins de fer ont été inscrits dans l'Acte de l'Amérique du Nord britannique et ont permis de conclure l'union avec la Colombie-Britannique. Durant cette période qui a vu apparaître des chemins de fer partout dans l'Empire britannique et en Amérique, la population éparse du Canada qui, en 1881, était de 4,3 millions d'habitants, a créé un lien durable d'unité nationale qui a survécu aux désastres naturels, politiques et financiers. À la fin des années 1800, la traversée du territoire stérile du bouclier précambrien et des périlleuses montagnes Rocheuses était à la fois dangereuse et techniquement inimaginable. Le premier train de passagers a atteint Port Moody en Colombie-Britannique en juillet 1886, près de huit mois après la pose du dernier crampon en 1885. Plus d'un siècle et demi plus tard, les Canadiens voyagent toujours sur le réseau de chemin de fer national.

Au siècle suivant : industrialisation et urbanisation

 Une grue portuaire charge des pièces de chaudières et de moteur sur un chantier naval, 1943, Montréal, Québec

Une grue portuaire charge des pièces de chaudières et de moteur
sur un chantier naval, 1943, Montréal, Québec (photo de l'Office
national du film du Canada et de Bibliothèque et Archives Canada)

Au moment où la Saskatchewan et l'Alberta se sont jointes à la Confédération en 1905, de plus en plus de Canadiens quittaient la ferme familiale et s'installaient dans les villes. Même si la population rurale nationale est demeurée plus importante que la population urbaine jusque dans les années 1920, les travaux publics au Canada répondaient à une nouvelle réalité industrielle et à la nouvelle prospérité des villes. Des innovations comme l'électrification, un service fiable de distribution de l'eau, les systèmes de gestion des déchets et les réseaux de transport en commun ont permis aux familles et aux usines de coexister dans les villes. De plus, les investissements dans les transports au 19e siècle ont soutenu les industries manufacturières et la croissance industrielle.

Montréal a publié son premier annuaire téléphonique dans les années 1880 et vers le milieu des années 1890, des villes de tout le pays, y compris Vancouver et Winnipeg, avaient des réseaux de tramways électriques. Outre le fait que les infrastructures publiques ont facilité le mouvement des matières brutes à l'intérieur du Dominion, d'importants investissements ont également soutenu la nouvelle classe ouvrière urbaine. L'Union des municipalités canadiennes, un précurseur de la Fédération canadienne des municipalités, était bien consciente du nouveau rôle des villes lors de la tenu sa première réunion en 1901. Les charpentes de construction en acier et les banlieues étaient les symboles d'une nouvelle économie alimentée par des centres urbains reliés entre eux par les cours d'eau, le chemin de fer, le télégraphe et le téléphone.

Infrastructure publique : l'âge d'or

Des ouvriers de la construction sur la Voie maritime du Saint-Laurent, 1952

Des ouvriers de la construction sur la Voie maritime du Saint-Laurent, 1952 (photo de l'Office national du film du Canada et de Bibliothèque et Archives Canada, PA-206919)

Améliorations de la route transcanadienne, Banff, Alberta

Améliorations de la route transcanadienne, Banff, Alberta

Après la Seconde Guerre mondiale, les pays de partout dans le monde ont entamé leur reconstruction. Les années 1950 et 1960 sont en général considérées comme l'âge d'or de l'infrastructure moderne. La construction du tronçon de 306 kilomètres de la Voie maritime du Saint-Laurent entre Montréal et le lac Ontario, un projet commun Canada-États-Unis, compte parmi les plus grands travaux publics de cette période. Reconnue comme un des exploits d'ingénierie les plus complexes de l'histoire, la Voie maritime surpassait même la construction du canal de Suez en 1869 et la construction du canal de Panama en 1914. Le premier ministre John Diefenbaker, le président Dwight D. Eisenhower et la reine Elizabeth II ont officiellement ouvert la Voie maritime du Saint-Laurent en 1959.

L'enthousiasme pour l'infrastructure publique en tant que source d'édification de la nation s'étend également à notre patrimoine culturel. Partout au pays, des bibliothèques, des arénas et des galeries d'art, et plus particulièrement le Centre national des arts du Canada, ont été construits pour marquer le centenaire du Canada.

Durant le boum d'après-guerre, l'automobile est devenue un symbole de prospérité, d'individualité et de modernité. Alors que le chemin de fer était toujours au cœur du réseau de transport, on a commencé à construire des autoroutes afin d'unir le Canada. En 1949, le gouvernement fédéral a adopté la Loi sur la route transcanadienne, qui a permis d'ouvrir la voie au financement mixte fédéral-provincial de ce qui allait devenir la plus longue autoroute nationale au monde. En 1962, devant une file de voitures de plus de trois kilomètres de long dans les deux directions, le premier ministre et des représentants des dix provinces ont procédé à l'ouverture officielle de l'autoroute transcanadienne à Rogers Pass, près de Revelstoke en Colombie-Britannique. Même si la construction n'a été achevée qu'en 1971, « l'autoroute de un milliard de dollars » du Canada était ouverte à la circulation, de l'Atlantique au Pacifique.

Ère de renouvellement

Expansion du canal de dérivation de la rivière Rouge, Winnipeg, Manitoba

Expansion du canal de dérivation de la rivière Rouge, Winnipeg,
Manitoba (photo de la Commission du canal de dérivation du Manitoba)

Après un déclin généralisé des dépenses d'infrastructures publiques en Occident durant les années 1970 et 1980, un intérêt renouvelé pour les investissements dans les infrastructures publiques a émergé au cours des dix dernières années. Au Canada, les gouvernements ont travaillé ensemble pour financer toutes sortes de projets d'infrastructure, qu'il s'agisse d'investissements dans des infrastructures écologiques communautaires ou de grands projets d'envergure régionale. Au Manitoba, le canal de dérivation de la rivière Rouge, construit dans les années 1950, a été élargi pour protéger les populations contre une inondation encore plus importante que « l'inondation du siècle » de 1997. Du nettoyage des ports au remplacement des canalisations, tous les ordres de gouvernement investissent dans le renouvellement des systèmes de distribution de l'eau et de traitement des eaux usées.

Les avantages découlant de ces investissements antérieurs qui soutiennent les infrastructures publiques et édifient la nation sont très apparents de nos jours. Les récents investissements ont contribué au renouvellement continu et à l'amélioration de ce que Statistique Canada appelle les infrastructures publiques de base (IPB) du Canada1. L'âge moyen de l'infrastructure est souvent utilisé comme indicateur de l'état de l'infrastructure et, comme on le voit dans le tableau ci-dessous, l'âge moyen des infrastructures publiques de base du Canada a atteint un pic en 2001, soit 17 ans. De 2001 à 2010, cette moyenne est tombée à 14,7 ans, ce qui comprend une baisse équivalant à une année entière de 2008 à 20102. Les investissements sans précédent dans les infrastructures faits par tous les ordres de gouvernement partout au pays dans le cadre du Plan d'action économique du Canada contribueront vraisemblablement à une autre réduction de l'âge moyen des infrastructures publiques de base du Canada au cours des prochaines années.

Âge moyen de l'IPB du Canada (de 1961 à 2010) = 15,4Pic

Source : Statistique Canada, Division de l'investissement et du stock de capital.
Remarque : Les IPB comprennent les ponts, les routes, les installations de distribution de l'eau, de traitement des eaux, de transport en commun et les installations culturelles et récréatives.

Améliorations au train de banlieue West Coast Express, Vancouver, Colombie-Britannique

Améliorations au train de banlieue West Coast Express, Vancouver, Colombie-Britannique

La réussite des investissements actuels ne signifie pas que le travail des trois ordres de gouvernement du Canada est terminé. Les infrastructures vieillissantes sont une réalité des sociétés modernes. L'Association des ingénieurs-conseils du Canada indique que 50 p. 100 des infrastructures publiques auront atteint la fin de leur vie utile d'ici 2027. Les gouvernements de partout dans le monde examinent comment investir de façon responsable pour maintenir leur compétitivité et leurs niveaux de vie.

Au cours des 50 dernières années, la portée des investissements possibles dans les infrastructures a augmenté dramatiquement. Les fondements des infrastructures publiques, comme les systèmes d'approvisionnement en eau potable, demeurent essentiels à notre prospérité et à notre bien-être, mais de nouveaux secteurs de croissance et d'investissement emballants font également leur apparition. Dans la foulée de la pire récession mondiale depuis 50 ans, le plus grand défi de tous les ordres de gouvernement consistera à investir prudemment dans les infrastructures publiques afin de protéger notre fragile reprise économique tout en soutenant notre croissance continue.

[1] Statistique Canada définit les « infrastructures publiques de base » comme comprenant les catégories d'immobilisations suivantes : ponts, routes, installations de distribution de l'eau, de traitement des eaux, de transport en commun et les installations culturelles et récréatives.

[2] Estimations fondées sur les engagements de dépenses de 2010 des données CAPEX de Statistique Canada.

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