Intervention archéologique sur l'Île-des-Sœurs (2014)

Veuillez noter qu'il s'agit d'un résumé du rapport. Pour obtenir une copie du rapport complet, veuillez communiquer avec nous.

Résumé

Vue du dessus des fouilles archéologiques de 2014 sur le site de l'Île-des-Sœurs, où l'on peut voir les fondations des bâtiments du site Leber datant du 17e siècle.

Vue du dessus des fouilles archéologiques de 2014 sur le site de l'Île-des-Sœurs, où l'on peut voir les fondations des bâtiments du site Leber datant du 17e siècle.

Au cours des mois de septembre et octobre 2014, une intervention archéologique d'envergure a été menée sur le site LeBer à l'Île-des-Soeurs, en prévision de la construction du nouveau pont sur le Saint‐Laurent. La firme Ethnoscop inc. avait reçu le mandat de procéder à la fouille intégrale de l'intérieur de l'enceinte de la ferme construite vers 1664 et abandonnée en 1790, et d'effectuer l'inventaire des parties nord et est du site à l'extérieur de celle‐ci (l'enceinte), dans des secteurs où avaient déjà été repérées des occupations datées de la paléohistoire. Enfin, cet inventaire visait aussi à mieux connaître le territoire périphérique de la ferme : par exemple, on espérait pouvoir statuer sur la présence de la limite ouest de l'enceinte et localiser le verger et les jardins mentionnés dans la documentation historique.

L'inventaire de 2014 a permis de mettre au jour des vestiges paléohistoriques associés essentiellement au Sylvicole supérieur ainsi que quelques autres éléments de périodes plus anciennes. Deux lambeaux de couche d'occupation contenant les restes de foyers ont été retrouvés en association avec des tessons de poterie amérindienne et quelques outils lithiques. Ces résultats ont été articulés avec les données des interventions précédentes et celles du site paléohistorique adjacent (BiFj‐49) afin de produire un portrait global de lʹoccupation amérindienne ancienne de lʹÎle. Enfin, les analyses archéobotaniques et des teneurs en phosphore organique des échantillons prélevés à l'intérieur de certains sondages ont permis d'exclure l'existence du verger dans le secteur situé au nord‐ouest à l'extérieur de l'enceinte.

Quant à la fouille intégrale de la cour, elle a d'abord permis de constater le mauvais état de conservation des sols archéologiques et de plusieurs vestiges, dont le manoir seigneurial. De plus, la perturbation des sols de l'extrémité ouest du site a exclu la possibilité d'identifier des traces du mur ou de la palissade qui fermait l'enceinte à l'ouest. Malgré ces limites, les archéologues ont mis au jour les restes du manoir seigneurial, de l'étable, de la boulangerie et de la section du mur d'enceinte qui fermait le côté est de la cour. Quelques nouveautés ont été constatées, comme un drain en pierre contemporain au manoir qui captait ses eaux grises pour les diriger vers le fleuve, en plus de divers aménagements de la cour associés aux activités des fermiers du XVIIIe siècle. Ces primeurs ont permis de mieux comprendre l'évolution architecturale de l'ensemble bâti et l'articulation de l'espace extérieur de l'exploitation agricole. Ainsi, il a été démontré que le bastion du manoir a été érigé après le bâtiment principal, mais quelques années avant le mur d'enceinte, le tout peut‐être au gré des tensions causées par les raids amérindiens. Quant à l'espace intérieur de l'enceinte, l'allée principale permettant d'entrer dans l'établissement du côté nord a été identifié entre l'étable et la boulangerie, tandis que l'emplacement du tas de fumier et de son caniveau recouvert d'une planche de bois ont été localisés, en compagnie de différents trous de piquets et de poteaux qui ont été associés à de petites clôtures qui permettaient de contrôler les allées et venues des animaux de basse‐cour.

La collection d'artefacts et d'écofacts du site LeBer mise au jour en 2014 est associée à l'occupation de la ferme au cours du XVIIIe siècle jusqu'à l'abandon de la ferme par les soeurs de la Congrégation de Notre‐Dame en 1790. Elle dresse le portrait de fermiers relativement à l'aise (présence de faïence entre autres) à la tête d'une exploitation agricole prospère (collection zooarchéologique qui montre des courbes d'âge à l'abattage typique de méthodes d'élevage optimales).

Enfin, la mise en perspective géographique du site LeBer à l'Île-des-Soeurs permet de réaliser l'importance de cette exploitation agricole en Nouvelle‐France, alors qu'elle se trouvait l'égale des grands domaines possédés par les religieux, et même d'exploitations possédés par des membres de la petite noblesse en France.

Exemples de certains des objets découverts sur l'emplacement présumé du manoir sur le site Leber pendant les fouilles archéologiques de 2014. Les objets datent du 17e siècle, lorsqu'une ferme seigneuriale était exploitée dans le secteur.

Exemples de certains des objets découverts sur l'emplacement présumé du manoir sur le site Leber pendant les fouilles archéologiques de 2014. Les objets datent du 17e siècle, lorsqu'une ferme seigneuriale était exploitée dans le secteur.

Exemples des têtes de flèches découvertes pendant les fouilles archéologiques de 2014 sur le site Leber.

Exemples des têtes de flèches découvertes pendant les fouilles archéologiques de 2014 sur le site Leber.

Exemples de certains des objets découverts dans la cour sur le site Leber pendant les fouilles archéologiques de 2014. Les objets datent du 17e siècle, lorsqu'une ferme seigneuriale était exploitée dans le secteur.

Exemples de certains des objets découverts dans la cour sur le site Leber pendant les fouilles archéologiques de 2014. Les objets datent du 17e siècle, lorsqu'une ferme seigneuriale était exploitée dans le secteur.

Date de modification :